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L’Océarium du Croisic et l’Université de Caen vont mener une étude sur l’intelligence des pieuvres

À l’Océarium du Croisic, les pieuvres de l’espace Atlantique ont toujours particulièrement fasciné les visiteurs. Ce céphalopode, appelé aussi poulpe, possède un corps très particulier composé d’une grosse tête et de 8 tentacules. Si l’un d’entre eux est sectionné, il peut repousser. Les dons d’homochromie de cet animal lui permettent de changer la couleur, mais également l’apparence de sa peau en fonction de ses humeurs ou de son environnement. Il peut même faire preuve d’intelligence de façon surprenante, puisqu’il est capable de déduire, de mémoriser et d’apprendre. L’espèce qui vit en Atlantique est le poulpe commun (Octopus vulgaris) dont la population a régulièrement augmenté ces dix dernières années. L’Océarium collabore avec le laboratoire Ethos de l’Université de Caen pour étudier les capacités cognitives des pieuvres. Stéphane Auffret, directeur de l’Océarium du Croisic, souligne : « Les céphalopodes ont une intelligence supérieure à celle des poissons et c’est un sujet qui intéresse beaucoup d’universitaires depuis de nombreuses années. On peut le prouver à maintes reprises, notamment au niveau de la mémoire de ces animaux et de leur apprentissage assez aisé, comme pour retirer le bouchon d’un bocal pour aller y chercher de la nourriture. Ils se souviennent de l’endroit où ils cachent leur nourriture et cela fait des années que l’on constate qu’ils ont une excellente capacité de mémorisation. L’Université de Caen travaillait jusqu’à présent sur les seiches, qui sont des proches cousins des pieuvres, et l’université nous a demandé de lui procurer des animaux et des informations sur ce que l’on sait, puisque cela fait 25 ans que nous présentons des pieuvres ». L’objectif de cette étude est de rechercher si les pieuvres ont la capacité de se remémorer un événement de leur passé ou d’imaginer leur futur. Pour cela, une première expérience portera sur la mémoire épisodique : est-ce que les poulpes savent ce qu’ils ont mangé, à quel endroit, et depuis combien de temps ? Une autre expérience portera sur la planification : est-ce que les poulpes sont capables de mettre de la nourriture dans un abri ? Stéphane Auffret ajoute que la pieuvre reste un animal qui intrigue : « Il y a toujours un côté mystérieux, avec un imaginaire autour de ces pieuvres capables de manger des hommes, mais ce sont des animaux très puissants puisqu’elles ont une force de 18 kg pour 1 kg, donc une pieuvre de 2 kg est capable de tracter un caillou de 35 kg. Les pieuvres sont aussi très habiles avec leurs tentacules et leurs ventouses. Ce sont des armes, ce qui les rend très douées pour attraper des homards, des langoustes, des araignées ou des crabes. Elles ont un bec crochu, un peu comme les perroquets, et elles sont capables de décortiquer la carapace des crustacés pour ne manger que la chair. Elles nettoient parfaitement un animal après sa capture, c’est très impressionnant, car ce sont des animaux vraiment très doués ». Les pieuvres ont pourtant la réputation d’être antipathiques : « C’est la légende liée à Jules Verne. Il existe des pieuvres de grande taille, notamment du côté du Pacifique Nord-Ouest. Certaines pieuvres peuvent atteindre 8 mètres, ce ne sont pas les mêmes que l’on rencontre chez nous, comme en Méditerranée, qui peuvent atteindre 1,2 mètre. Les pieuvres avaient un peu disparu depuis une dizaine d’années et nous observons que le cheptel s’est assez bien reconstitué. C’est devenu un animal assez commun pour les pécheurs de crustacés ».

Écrit par admin

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