Reconnu en France et dans le monde entier, Philippe Tapprest, gros plan sur une personnalité atypique…

Il gère ses salons à La Baule et à Saint-Nazaire, tout en continuant de s’occuper de ses salons Prestige à Troyes. Parallèlement, il forme aussi les talents de demain à l’Académie Philippe Tapprest, basée à Nantes, il travaille avec des créateurs de mode pour leurs défilés et il répond même aux invitations lancées par son ami Raphael Mezrahi pour coiffer les stars invitées aux Nuits de la Déprime. Plus récemment, le groupe taïwanais Mentor, qui gère 500 salons dans le monde, l’a sollicité pour former ses coiffeurs. En prime, le 26 septembre prochain, le groupe lui a confié la direction artistique de deux défilés célébrant le 50ème anniversaire de la marque. Cette collaboration permettra sans doute l’ouverture d’une dizaine de salons Prestige à Taïwan : «Ils sont très demandeurs et nous avons aussi des choses à apprendre chez eux. L’échange entre les équipes permettra de faire évoluer nos services et de profiter des techniques et des expériences de chacun». Une ouverture sur le monde qui lui permet de proposer des services différents et d’imaginer l’évolution de son métier. Philippe Tapprest fait le point sur ses activités.

Salon Philippe Tapprest à La Baule : 22 avenue Louis Lajarrige. Tél. 02 40 11 18 96.

Salon Philippe Tapprest à Saint-Nazaire : 72 avenue de la République. Tél. 02 51 16 02 93.

Vous habitez à La Baule et c’est la raison pour laquelle, malgré vos activités internationales, vous avez un salon à La Baule et à Saint-Nazaire. Pourquoi ce recentrage sur le salon de l’avenue Lajarrige ?

Philippe Tapprest : Je suis très pris par mes activités extérieures, notamment l’Académie que nous avons montée à Nantes, où je forme régulièrement des coiffeurs français et étrangers. Il y a également une forte demande de l’international, dont de Taïwan, avec le groupe Mentor qui souhaite que je m’occupe de ses 500 salons, avec 2000 collaborateurs, que je dois former et coacher au niveau artistique. Comme je ne peux pas tout faire, j’ai préféré me séparer d’un salon. Je souhaite être davantage présent auprès de mes équipes. Il est important que chaque collaborateur puisse travailler librement. Voilà pourquoi il faut continuer à faire des formations pour que chacun puisse se détacher des techniques et des procédures propres à nos salons. Enfin, j’aurai aussi plus de temps pour répondre aux sollicitations de certains de nos clients !

Vous intervenez donc directement dans votre salon de La Baule. Est-ce comme un grand chef qui proposerait dans un même lieu une brasserie et un restaurant gastronomique, avec une cuisine bistrot d’un côté et plus travaillée de l’autre ?

À Troyes, dans les salons Prestige, je pratique des tarifs supérieurs, de l’ordre de 80 euros (shampooing, coupe, brushing). Aujourd’hui, les clients de La Baule peuvent avoir accès à ce service : il suffit de me demander personnellement pour avoir cette prestation.

Quel est l’objectif de l’Académie Philippe Tapprest ?

L’Académie Philippe Tapprest a été créée il y a un an et demi. Au départ, c’était pour former nos collaborateurs, soit environ 70 personnes. Rapidement, un engouement s’est créé autour de l’Académie. Aujourd’hui, nous accueillons des coiffeurs qui souhaitent continuer de se former et d’être les ambassadeurs de la « French Touch ». En juin, nous avons formé une dizaine de coiffeurs taïwanais. Ils sont venus passer une semaine à Nantes, ils ont visité mes salons de Troyes et de La Baule, et ils envisagent d’ouvrir des salons Philippe Tapprest à Taiwan au début de l’année prochaine.

Comment résumeriez-vous votre démarche ?

La qualité à un prix étudié. La formation que je dispense dans mes salons de Troyes, qui sont des salons haut de gamme, est exactement la même que celle que je fais à La Baule. Nous utilisons les mêmes techniques, le même vocabulaire et les mêmes méthodes. Simplement, pour rester compétitif, la parenthèse de bien-être accordée aux clients de La Baule est écourtée. A Troyes, l’objectif a été de créer un environnement où le temps semble s’arrêter. Ici, à La Baule, nous avons gardé l’essentiel. Entre deux rendez-vous, après une journée de travail, notre concept séduit par l’efficacité du service rendu.

Dans les défilés ou dans les photos de mode, il y a évidemment l’aspect artistique des coiffures qui ne sont pas celles de la vie quotidienne. Comment déclinez-vous cela au quotidien ?

Les coiffures de défilés, cela permet de s’exprimer sur le plan créatif et de faire des choses parfois extrêmes, en s’inspirant de voyages, de musiques ou d’expositions… L’idée, c’est de toujours rendre les femmes belles et que ce soit en accord avec l’image globale. Depuis plus de 30 ans, mon objectif a été de créer une coiffure pour chaque femme ! Le challenge est de concevoir une coupe pour que chacun et chacune puissent se recoiffer facilement pendant cinq à sept semaines et que cela soit en adéquation avec son physique et sa personnalité. Pour comprendre la personne que l’on a en face de soi, il est important d’observer et d’échanger afin d’apporter des recommandations pertinentes. Au-delà du visage, c’est de l’image dont il faut tenir compte. Quand je regarde une femme dans la rue, je ne regarde pas ses cheveux, je regarde l’image globale et je trouve des adjectifs comme moderne, sexy, sportive, naturelle… Il s’agit de trouver une image qui puisse correspondre au physique, au visage, mais aussi à la personnalité et à la façon de vivre de chacun ou chacune. Je me suis rendu compte, dans les formations que je fais depuis 20 ans au niveau national et international, que couper les cheveux n’est pas très difficile : tout le monde, aujourd’hui, coupe les cheveux en utilisant les mêmes techniques. Tout le monde est à peu près bien formé en France… Le plus difficile, pour un coiffeur, c’est de pouvoir déterminer à quelle longueur on va les couper : sur ou sous l’oreille ? Doit-on faire une frange ? Tout ce travail est important et cela nécessite beaucoup de formation et de rigueur. Malheureusement, le quotidien impose que de nombreux coiffeurs tombent dans la routine et en oublient les bases. Cela devient ainsi un métier mécanique, alors que c’est un métier artistique. Pour retrouver l’essence de notre métier, il s’agit simplement de comprendre les exigences et le quotidien de nos clients. Bien que compliqué, «faire simple» doit être un leitmotiv quotidien.