La Baule+

L’intelligence artificielle d’Amazon est tellement développée qu’elle est capable de détecter l’hu- meur de ses clients fi- dèles et, si la personne a envie de prendre une journée pour se prome- ner à l’extérieur, Ama- zon ne va pas lui conseil- ler d’acheter un livre... L’intelligence artificielle va préférer perdre une vente et rendre son client heureux, car elle sait que ce sera un moyen de le fidéliser… Aujourd’hui, Amazon fait des corrélations : si vous achetez un Balzac, ils vont suggérer un Zola, parce que les gens qui ont acheté un Balzac ont aussi acheté un Zola... Dans le monde de demain, ils vont devoir défendre votre intérêt et jeter plein d’hypothèses dans votre environnement de données, c’est-à-dire savoir ce que vous avez envie à un moment précis. Si c’est faire une sieste, ils devront vous le suggérer, parce que s’ils ne le font pas, ce sera un autre as- sistant intelligent qui vous le suggérera et il vous prouvera qu’Amazon a été décevant sur cette histoire en essayant de vous vendre quelque chose alors que ce n’était pas votre intérêt... Dès qu’une entre- prise ne défendra pas l’intérêt de ses clients, il y aura une opportunité en face pour qu’un concurrent se place dans la défense de vos inté- rêts. Sur la protection de la vie privée, il y a beaucoup de controverses avec Google, mais en face vous avez des moteurs de recherche qui ar- rivent en s’engageant à pro- téger votre vie privée. Chaque fois que l’on a une contro- verse ou un problème dans le monde digital, il y a une so- lution qui émerge en face… Donc, je pense que l’on va converger vers des technolo- gies qui défendront les inté- rêts des individus. Vous estimez aussi que les entreprises commet- tent une erreur en fai- sant appel à des cabinets de conseil dans ce do- maine. Pour quelles rai- sons ? J’explique qu’il ne faut pas faire appel à un cabinet de conseil aujourd’hui, parce que la légitimité de quelqu’un qui conseille, c’est d’avoir prouvé lui-même qu’il a été capable d’avoir eu raison par le passé. Ceux qui ont raison sur les sujets stra- tégiques liés au digital, ce sont généralement les entre- preneurs en série qui ont été capables de voir la valeur d’un business dans le futur. Les cabinets de conseil n’ont jamais apporté cette preuve. Ces gens-là ont la compétence de voir où la valeur ira dans le futur Mais tous ces entrepre- neurs ont-ils été des vi- sionnaires ? En réalité, beaucoup d’entre eux ont avancé par tâtonne- ments. Par exemple, ce- lui qui a eu l’idée de créer un site pour louer les chambres d’hôtel inoccupées ne pensait pas qu’il allait disrupter totalement le marché de l’hôtellerie… Effectivement, ce n’est pas le cas de tous les entrepreneurs et c’est pour cette raison que je parle des entrepreneurs en série. Il y a des entrepreneurs qui lancent des produits, des services et des applications, et l'on s’aperçoit qu’ils ont souvent raison. Cela veut dire que ces gens-là ont la compé- tence de voir où la valeur ira dans le futur. Mais c’est quelque chose que l’on voit dans la vie de tous les jours, car nous avons tous un ami qui, à chaque élection prési- dentielle, par exemple, se plante toujours de candidat, alors qu’un autre a toujours raison sur le gagnant... C’est une compétence que de sentir le futur… Quand on parle de l’impact de l’intelligence ar- tificielle sur l’emploi, vous avez deux camps qui s’affron- tent en ce moment. D’un côté, des économistes qui di- sent que l’on va détruire des emplois et que l’on va en re- créer d’autres. De l’autre côté, vous avez des entrepreneurs, des gens visionnaires qui ont fait la preuve qu’ils avaient une vision du futur, comme Bill Gates, qui expliquent que la situation est différente parce que l’on s’attaque à l’in- telligence, autrement dit la dernière spécificité de l’homme au travail : donc, il n’est pas certain que l’on re- crée autant d’emplois que l’on en détruit, mais cela reste quand même une bonne nou- velle puisque l’on débarrasse l’homme du travail. Il y a un secteur qui ne s’attend absolument pas à être disrupté, c’est ce- lui des hypermarchés et des supermarchés. Vous prenez l’exemple d’Ama- zon qui a lancé son ma- gasin sans caisses et même Casino vient d’ou- vrir à Paris un lieu tota- lement innovant et hy- perconnecté. Pourquoi les patrons d’hypermar- chés ne se rendent-ils pas compte des menaces qui pèsent sur eux ? Ce qui est fascinant, c’est qu’ils ne voient pas venir cette menace d’un géant comme Amazon. Cela fait des années que le problème des queues dans les supermarchés existe et aucun supermarché n’a ja- mais vraiment voulu régler ce problème. Ils ont contourné le problème en faisant un parcours client amélioré… Et des caisses automa- tiques qui nous font per- dre encore plus de temps ! C’est pire que cela, puisque l’arnaque des caisses automa- tiques, c’est que l’on vous fait faire le travail vous-même et vous n’avez aucune réduction sur les prix... Amazon a compris le problème le plus important, celui de la queue, et, en se lançant dans ce sec- teur, ils essaient de régler ce problème en priorité. C’est la différence entre les secteurs traditionnels et les profes- sionnels de la disruption. Dans la disruption, on prend le problème le plus complexe d’une industrie à résoudre, et c’est le premier que l’on adresse. Chez Google, on ap- pelle cela « apprendre au singe à parler ». Si l'on de- mande à une entreprise de mettre un singe sur un pié- destal en lui faisant réciter du Shakespeare, la plupart des entreprises commenceraient par construire un beau pié- destal, en mode projet, avec différentes étapes, on mon- trerait aux actionnaires l’état d’avancement du projet, et une fois que le piédestal se- rait construit, les actionnaires demanderaient : « Au fait, est-ce possible de faire parler un singe ? » En réalité, l’en- treprise aurait dû commencer par résoudre ce problème, qui est extrêmement complexe. C’est la démarche de Google, qui consiste à commencer à adresser les problèmes les plus complexes. Autre enseignement : la disruption ne tolère pas l’effort. La simplicité est devenue la norme et toute expérience doit désormais être suffisam- ment simple. Parallèle- ment, dans les entre- prises, les gens veulent de moins en moins tra- vailler. Cela signifie-t-il que, comme dans les films de science-fiction, on va avoir une élite qui va travailler, innover et gagner, et par ailleurs 80 % de gens que vous pourriez qualifier de paresseux ? Nous faisons des gains de productivité. Un gain de pro- ductivité avec une machine, c’est simplement produire plus avec moins d’efforts. Seulement, on veut voir cela partout aujourd’hui, y compris dans nos moindres interactions avec la technolo- gie. Regardez Netflix ou les derniers smartphones, vous n’avez pas besoin d’avoir un manuel d’utilisation pour sa- voir comment ça marche, c’est l’appareil qui s’adapte à vous. On va exiger cela partout, même des services de l’État, dans les interactions avec l’administration. On va exiger une fluidité, une expé- rience utilisateur et citoyenne excellente, et une interaction parfaite. C’est devenu une norme que de ne plus faire faire d’efforts aux utilisateurs et aux citoyens, et c’est aussi un facteur différenciant pour les entreprises. La disruption ne tolère pas le manque de pertinence Par ailleurs, la disrup- tion ne tolère pas le manque de pertinence. Prenons l’exemple de l’in- formation et du journa- lisme, il y a une règle que l’on apprend : le cerveau humain ne réagit qu’à la provocation. En clair, si les lecteurs referment le journal en se disant que ce qu’ils ont lu est génial ou scandaleux, ils rachè- teront le prochain nu- méro… Cela signifie-t-il que, dans un monde où l’information est perma- nente, il faudra de plus en plus choquer ? Oui, je suis d’accord, mais cela n’empêche pas d’être pertinent. Bien sûr, il faut faire attention et ne pas ou- blier que nous sommes dans une époque où il y a beau- coup de fake news, puisque même les scientifiques tra- vestissent des études au- jourd’hui ! En revanche, quand j’explique que la dis- ruption ne tolère pas le manque de pertinence, c’est dans ce que font les entre- prises, les services de l’État, ou les interactions entre hu- mains. Lorsqu'un célèbre transporteur lance une appli- 32 // Décembre 2018 G. S. OP T IQUE LA PRÉCI S ION AVEC DU MATÉR I EL UNIQUE DANS LA RÉGION PARCE QUE VOS YEUX SONT PRÉCI EUX ! 26 av. du Gulf Stream - Za Atlantique ( derrière La Baule Nautic ) PORNICHET - Tél. 06 62 04 66 11 UNE IDÉE CADEAU POUR NOËL... UNE PAIRE DE LUNETTES SOLAIRES Notre Cadeau pour vous sur cet achat à partir du 7 décembre jusqu’au 24 décembre - 20 % Stéphane Mallard : « L’arnaque des caisses automatiques, c’est que l’on vous fait faire le travail vous-même et vous n’avez aucune réduction sur les prix... » PRESQU’ÎLE STOCKAGE St Nazaire - La Baule - Guérande LOCATION DE BOX de 3m 2 à 50m 2 (Soit de 7,5m 3 à 200 m 3 ) > Locaux entièrement sécurisés > Matériel de manutention à disposition Professionnel Particulier ZA des Pédras - «Les Ecotais» - 1 bis rue des Ménos - 44117 Saint André des Eaux. 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