La Baule+

32 // Octobre 2019 J’avais annoncé une phase d’insécurité civile qui allait certainement s’étendre sur une vingtaine d’années Le seul point sur lequel vous avez pu vous trom- per dans votre précé- dent livre, c’est que l’on estimait que le déclin de l’Europe, en analogie avec la République ro- maine, se déroulerait sur un siècle. Or, en réa- lité, tout va très vite et, selon vous, nous serions déjà à hauteur d’une vie humaine… Pas vraiment : dans « Le Déclin », j’avais annoncé une phase d’insécurité civile qui allait certainement s’étendre sur une vingtaine d’années, en faisant le paral- lèle avec les guerres civiles à Rome et puis l’établisse- ment d’un genre d’État au- toritaire qui serait le seul à pouvoir recréer un semblant d’ordre. C’est plus ou moins vers cela que l’on va et le parallèle continue d’être exact. J’avoue néanmoins que j’ai été frappé par la rapidité des événements et le fait que même mes vi- sions les plus pessimistes semblent se réaliser... J’avais voulu garder un petit espoir que l’on allait peut- être éviter le pire et qu’avec une certaine sagesse poli- tique, nous allions peut-être pouvoir stabiliser un peu mieux les événements et as- surer une transition plus douce. Mais il est assez clair que là, nous allons vers un modèle très conflictuel au cours des prochaines deux décennies… Pourtant, on conserve le sentiment que l’État est fort et il donne toujours l’apparence de résister… Le déclencheur de la crise fu- ture ne viendra pas forcé- ment de la France, mais plu- tôt de l’Italie, avec son économie très affaiblie et sa dette financière immense. Mais il est vrai que la France et l’Espagne représentent également des facteurs d’in- sécurité assez impression- nants dans les années à ve- nir. D’ailleurs, il ne faut pas sous-estimer non plus la si- tuation assez délicate de l’Al- lemagne. Celle-ci peut appa- raître, depuis l’extérieur, comme un État assez stable et fiable, mais le pays est en train de bouillonner à l’inté- rieur et se polarise de plus en plus entre deux camps ad- verses. De plus, le « miracle » allemand est basé sur une dépendance quasi-totale de l’exportation et sur une ex- pansion massive des travaux à rémunération très basse. L’apparence de stabilité en Europe est donc trompeuse. D’ailleurs, qui, en 1989, au- rait misé sur l’écroulement du bloc de l’Est ? Il est difficile de transformer le comportement de toute une civilisation pour la ramener à la raison On dit souvent que l’en- nemi est à l’intérieur : vous soulignez que la crise vient de l’intérieur, mais on ne peut rien faire quand on est otage d'un phénomène suici- daire... En effet, bien que je ne nie- rai nullement le problème fondamental de l’immigra- tion de masse, le déclin des valeurs sociales, familiales et religieuses est au moins aussi grave, particulière- ment en France, et cette crise identitaire et psycholo- gique est nettement plus dif- ficile à affronter que les défis venant de l’extérieur. Au- tant, avec quelques textes de loi, vous pouvez fermer les frontières, autant il est dif- ficile de transformer le comportement de toute une civilisation pour la ramener à la raison, et notamment à l’amour de ses propres tra- ditions. En tant qu’historien, ce qui me frappe le plus, c’est cette désolidarisation de la plupart des Européens occidentaux par rapport à leur propre histoire. Dans ma carrière d’enseignant, j’ai pu constater, lors de mes cours, que les étudiants dé- couvraient l’histoire euro- péenne, l’histoire romaine ou l’histoire chinoise avec une égale stupeur et impres- sion d’exotisme : à ce qu’il semble, beaucoup de gens sont déjà totalement décon- nectés de leurs traditions et ne perçoivent plus l’histoire de l’Occident comme leur héritage, mais comme quelque chose de déjà mort depuis assez longtemps. Il est évidemment extrême- ment difficile d’insuffler une nouvelle vie à cela. Dans « Que faire », j’ai étudié le vo- let plutôt individuel de cette approche ; dans mon pro- chain livre, « Renovatio Eu- ropae » (à paraître bientôt en français), qui fait dip- tyque avec « Que faire », je tente d’esquisser, avec la col- laboration de quelques col- lègues venant de partout en Europe, des pistes vers une réforme « conservatrice » de l’esprit européen. Mais il est évident que la réception de cet ouvrage sera très clivée… Que pensez-vous de la création d’un commis- saire à la protection du mode de vie européen au sein de la Commission européenne ? J’ai vu cela avec un très grand intérêt. Je ne vais pas faire ma mauvaise langue, mais la grande question est de savoir ce que l’on entend par « protection du mode de vie européen » : s’il s’agit de la défense de notre hédo- nisme, de notre matéria- lisme, de notre je-m’en-fou- tisme et de notre haine de notre propre civilisation, tous déclarés comme « in- dividualisme » européen, vous imaginez bien ce que j’en pense… Mais si l’on parle plutôt de la défense d’une civilisation qui est en- racinée profondément dans les idéaux du monde gréco- romain et dans les tradi- tions religieuses judéo-chré- tiennes, alors ce serait magnifique. Mais j’en doute beaucoup. Propos recueillis par Yannick Urrien. Suite de l’entretien avec David Engels V égétaliser son avenue devant chez soi et ainsi embellir son cadre de vie et favoriser la biodiversité, c’est ce que propose la ville de Pornichet avec le dispositif Fleurir son pas de porte. « La clef, c’est la bonne plante au bon endroit. C’est pourquoi nous souhaitons accompa- gner la démarche » , souligne Alain Goest- chel, responsable campagne et production végétale de la Ville. Ainsi, il suffit de contacter l’Espace Environnement et un agent se déplacera pour vérifier la faisabi- lité du fleurissement du pas de porte et fournira les plantes et graines adaptées. « L’idée étant de respecter les volumes, et d’avoir des végétaux qui demandent peu d’entretien, il ne s’agit pas de modifier la nature du sol existant mais de faire avec» . La meilleure période de plantation étant l’automne, c’est le bon moment pour se faire connaître, et rejoindre les 420 foyers déjà inscrits. Contact : Espace environnement / 02 40 11 55 78 / espaceenvironne- ment@mairie-pornichet.fr Pornichet : embellir sa ville en fleurissant son pas de porte

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