jeudi , 27 juillet 2017

Le maire de La Baule explique pourquoi l’application du décret plage rend impossible la gestion de la plage par la commune

Yves Métaireau : « La Baule, avec ses trente-cinq établissements de plage, est dans l’impossibilité juridique d’appliquer le décret plage à la lettre si la ville reprend la plage. »

C’est un entretien exceptionnel que nous a accordé Yves Métaireau, maire de La Baule et président de Cap Atlantique. Pour la première fois, il explique en détail pour quelles raisons le décret plage ne permet pas la gestion de la plage par la commune. Yves Métaireau souligne que l’inquiétude des professionnels de la plage sur une forte majoration des redevances n’est pas fondée, car la ville négociera avec Veolia pour prendre en charge une partie du nettoyage de la plage. Notons qu’Yves Métaireau et Éric Albaret, président de l’association des professionnels de la plage de La Baule – Pornichet, se sont rencontrés. Ils confirment leur volonté de travailler ensemble dans un climat constructif et de confiance et dans l’intérêt de tous les acteurs économiques de la ville.

L’essentiel des propos d’Yves Métaireau sur Kernews.

 

L’entretien intégral publié dans La Baule+ d’Août 2016

La Baule + : Pour quelles raisons avez-vous décidé de ne pas reprendre la gestion de la plage et de la confier à l’entreprise Veolia ?

Yves Métaireau : Il faut savoir que ce n’est pas parce que la ville reprendrait la plage que le problème serait plus simple. Il faudra toujours appliquer un décret plage, qui est extrêmement compliqué, qui comporte des risques très importants pour la commune, donc pour les habitants de La Baule et également pour les établissements de plage, parce que, si la commune devait la reprendre, nous avons l’obligation d’utiliser des procédures strictement encadrées. L’application du décret plage, cela fait dix ans que j’essaie de la différer, parce qu’il y a des questions d’ordre moral. Je n’ai pas envie, vis-à-vis de gens que je connais parfois depuis quarante ans, de faire un appel d’offres et de choisir, avec une procédure compliquée, en demandant à certains de partir de la plage alors qu’ils sont là depuis très longtemps. Il y a un problème juridique, c’est l’article 13, avec les procédures d’attribution des sous-traités d’exploitation. Ce sont des procédures compliquées que les gens ne connaissent pas. Au sein du conseil municipal, il y a deux avocats, qui ne sont pas plus nuls que d’autres, et nous avons pris cette décision parce qu’il n’y avait pas d’autre solution pratique et acceptable. À Pornichet, il y a cinq ou six établissements qui peuvent donner lieu à des procédures de délégation de service public. Or, à La Baule, nous en avons trente-cinq, ce n’est pas la même chose ! Il faut cinq à six mois, si ce n’est sept mois, pour chaque délégation de service public : cela veut dire que l’on passerait l’été 2017 sans qu’il y ait aucune attribution d’établissement sur la plage de La Baule, en dehors de quelques clubs de voile ou pour enfants. J’ajoute que le risque de contentieux, c’est-à-dire de recours contre la ville sur les choix qu’elle peut être amenée à faire, est beaucoup plus important, parce que c’est au tribunal administratif que cela se passe. Et au tribunal administratif, la procédure est gratuite. Actuellement, j’ai trois ou quatre contentieux en cours contre la ville, sur des projets à caractère immobilier, et nous prenions la responsabilité de faire courir à la ville de La Baule – donc à ses habitants, mais aussi aux établissements de plage – des risques considérables sur des recours contentieux que je ne pouvais en aucun cas maîtriser. Il y a d’autres points graves. L’article 2.1 prévoit que 80 % du linéaire doit rester libre. Or, les tentes de La Baule font partie de l’image historique de la plage et, si j’écoute l’État, on doit enlever les tentes pour les remplacer par quelques tentes en latéral, ce qui serait complètement ridicule. Ou l’on enlève trois ou quatre établissements, mais lesquels ? Selon quels critères ? C’est un point encore difficile qu’il va falloir négocier. Dans le Midi de la France, les choses se passent extrêmement mal sur ce point. Il faut savoir qu’une société privée négocie librement le choix des sous-concessions de plage qu’elle est amenée à mettre en place. Elle doit, bien sûr, faire un appel à candidatures mais ensuite, elle n’a pas les mêmes contraintes qu’une ville. Dans une procédure de délégation de service public, il faut d’abord réunir le conseil municipal et créer une commission. C’est toujours pareil, cette commission demande des candidatures et elle ne doit pas se prononcer sur ces candidatures. Ensuite, quand elle a sélectionné les candidats, elle leur propose de répondre à un cahier des charges qui a été établi par la ville. Ensuite, elle va auditionner et négocier librement avec les candidats. Je vous rappelle que pour le centre équestre, il a fallu presque sept mois. C’est aussi le cas pour l’eau, l’assainissement, les piscines ou un certain nombre de grosses structures… Une fois que la négociation a été faite, cela prend du temps, l’autorité administrative de la ville propose à la commission et au conseil municipal de se réunir pour entériner le choix. Le délai incompressible est de six mois. Si nous avions eu quatre ou cinq établissements sur la plage, nous l’aurions fait, bien évidemment. Cela ne réglait pas le problème du linéaire, mais on l’aurait fait. Pour une ville comme Pornichet, c’est possible. Pour les clubs et les écoles de voile, c’est la même procédure mais cela peut être plus léger. Quand on a des établissements comme Le Ponton, le Nossy Be, le Gulf Stream, la Barbade ou le Seasons, cela peut susciter des candidatures et l’on ne peut pas ne pas respecter la procédure. Si la procédure n’est pas respectée, le préfet peut annuler la procédure et déférer cela au tribunal administratif, donc on doit repartir à zéro… Un candidat évincé, s’il y en a, peut demander un référé pré-contractuel pour empêcher la signature du contrat avec le candidat choisi, sous le prétexte que la procédure a été bâclée ou qu’il y a eu favoritisme… La Baule, avec ses trente-cinq établissements de plage, est dans l’impossibilité juridique d’appliquer le décret plage à la lettre si la ville reprend la plage.

La Baule est-elle la seule ville de France dans cette situation ?

Il y a sans doute Ramatuelle avec Pampelonne et Antibes. La Baule est aussi la seule plage publique de ville où nous avons fait l’effort d’avoir des établissements ouverts à l’année pour amener des services à la population. Donc, je n’ai pas voulu appliquer ce décret plage parce que, sur le plan moral, je ne voulais pas faire partir des gens qui animent cette plage depuis plusieurs années, parce qu’il y a aussi des impossibilités d’ordre juridique, avec des risques économiques, financiers et administratifs qui sont graves. Face à cela, nous avons demandé à l’État de choisir un concessionnaire privé. Il y avait deux candidats : la Saur et Veolia. La Saur a décidé de ne pas déposer de dossier et, pour l’instant, il y a Veolia. Mais cela n’empêchera pas le problème des tentes, avec 80 % de linéaires qui doivent rester libres. Il y a une enquête publique et le commissaire enquêteur reçoit des gens qui viennent dire : « Mais la ville n’a qu’à reprendre !» Or, quoi qu’il en soit, il faudra appliquer le décret plage.

Concrètement, il s’agirait d’une ville de 80 000 habitants, comme Antibes, avec un conseil municipal et des services techniques plus importants, vous auriez pu reprendre la plage… Autre hypothèse, avec une quinzaine d’établissements à gérer, vous auriez pu la reprendre également…

Oui, nous n’avons pas cette capacité. Ou alors, il aurait fallu se dire que 2017 devait être une année blanche. Nous sommes en passe d’obtenir un délai auprès du préfet. Il faut savoir que nous avons eu un sous-préfet qui a été d’une brutalité exceptionnelle. Il n’a pas eu une volonté réelle de transaction et il a dressé des contraventions de grande voirie qui sont comme une épée de Damoclès au-dessus des établissements de plage au cas où ils ne respecteraient pas leurs engagements. Heureusement, la sous-préfète actuelle, Madame Valente, est beaucoup plus conciliante et elle comprend beaucoup mieux les problèmes de la ville de La Baule. J’ai en face de moi une interlocutrice qui comprend le problème. Même si nous respecterons le décret plage, puisque l’on ne peut pas faire autrement, il nous faut du temps pour l’appliquer, afin qu’il n’y ait pas de préjudice et que les trente-cinq établissements soient reconduits au printemps 2018. C’est ce que j’ai demandé pour que l’été 2017 se déroule sans qu’il y ait de dommages. Ceux qui ne pourront pas démonter, ou ceux qui ne pourront pas s’installer, pourront rester dans l’état actuel au cours de l’été 2017. Il ne faut pas oublier que, là-dessus, vient se greffer le problème de Xynthia et que l’on va remonter les établissements d’environ un mètre à cause des PPRL (Plans de prévention des risques naturels) tous les établissements qui entendent rester ouverts l’hiver et qu’il faudra donner des permis de construire à chacun d’entre eux. Il y a les délais de mise en concurrence pour le choix des plagistes. A cela s’ajoute le dépôt du permis de construire par l’établissement retenu et c’est deux à trois mois d’instruction de plus. Il faut une commission de sécurité ensuite, il faut que le permis de construire ne soit pas attaqué par des gens qui vont trouver que c’est trop haut. Ensuite, l’exploitant va devoir emprunter. C’est d’ailleurs le seul aspect positif du décret plage : l’attribution de la concession pour douze ans. Nous sommes d’accord avec Éric Albaret sur ce point et les professionnels vont pouvoir investir. Mais l’exploitant va devoir aller voir sa banque, emprunter, aller voir des entreprises pour les travaux et c’est au minimum trois à quatre mois de plus. Si l’on additionne tous ces délais, on risque de perdre la saison 2017. Donc, j’ai demandé à la Direction départementale des territoires et de la mer que pour tous ceux à qui l’on pourra donner un permis de construire, ou pour lesquels les travaux ne posent pas de problème, cela puisse se faire dès le printemps 2017. Mais, pour les restaurants qui ont des structures plus lourdes, qu’ils puissent rester en l’état et démonter fin 2017 pour être opérationnels début 2018.

Personne ne remet en cause le professionnalisme de Veolia et on comprend que cette entreprise a un modèle économique à tenir puisqu’elle doit elle-même payer des redevances à l’État. Mais les indépendants estiment qu’ils ne peuvent pas supporter un triplement des redevances d’occupation de la plage… Qu’en pensez-vous ?

Pour l’instant, elles ne sont pas multipliées par deux ou trois ! Veolia a fait une approche générale en fonction des redevances que lui demandait l’État, en fonction des charges demandées par l’État, comme le nettoyage de la plage, mais aussi des investissements que l’État lui demandait de faire. Sur ce point, nous avons bien conscience qu’il faut que nous aidions le délégataire qui sera choisi sur un certain nombre de paramètres, puisqu’il n’y a pas que les gens qui vont dans les établissements de plage qui profitent de la plage. Donc, nous sommes en train d’étudier cela avec le futur concessionnaire, s’il est retenu, afin que soit déterminé un seuil raisonnable de tarification pour les sous-traitants de plage et la ville n’est pas opposée à examiner les modalités pour prendre sa part de l’entretien général pour l’ensemble de la population qui fréquente la plage. Je sais très bien ce que coûte l’entretien de la plage à la ville aujourd’hui et ce que coûtent les investissements. Nous devons rapprocher nos points de vue avec Veolia, avec qui nous allons négocier. L’intérêt de Veolia n’est pas de pratiquer des tarifs élevés et de ne pas avoir de candidats, ou d’avoir des candidats qui ne pourront pas payer… L’intérêt du délégataire, c’est d’avoir peut-être une progression légère des redevances pour mieux assurer ses prestations, en accord avec la ville qui, de son côté, prendra un certain nombre de prestations en charge. Mais c’est aussi d’être raisonnable dans l’établissement des tarifs pour ceux qui se retrouveront avec des frais supplémentaires du fait de la réinstallation des bâtiments. Si nous avons le temps, nous aurons aussi le temps de faire comprendre au futur délégataire de la plage que son intérêt, l’intérêt de la ville et l’intérêt des établissements de plage sont liés. Il faut que tout le monde puisse assumer sa part de responsabilité et sa participation à l’aménagement, l’entretien, la rénovation et l’image de la plage. Il ne faut pas commencer à dire que rien ne sera possible avec les augmentations. Il faut faire confiance à la ville de La Baule et il faut faire confiance à un délégataire qui serait raisonnable. Il ne faut pas commencer à pétitionner et à raconter n’importe quoi en disant : « La ville n’a qu’à reprendre et tout s’arrangera ! » Je ne doute pas que l’enquête publique prendra en compte tous ces paramètres.

 

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10 comments

  1. Très bonne explication. J’étais persuadé que la vie â La Baule était un long fleuve tranquille ….elle n’est pas simple avec tous ces éléments qui la contrarient . Merci de défendre au mieux l’attrait et les intérêts de notre belle plage .

  2. Pas très clair comme explication. La ville semble surtout incompétente à prendre ses responsabilités, choisir. L
    Plus le problème de gestion administratif. Pas très encourageant sur les capacités de cette mairie.

  3. OBSERVATIONS SUR LE ¨PROJET DE CONCESSIONDE LA PLAGE DE LA BAULE AU GROUPE VEOLIA
    Synthèse du dossier

    • Dans quelques mois , la plage sera méconnaissable :les clubs pour enfants, les clubs de voile, les restaurants familiaux seront démontés :
    • La Mairie de La Baule abandonne sa plage entre les mains d’un grand groupe international, VEOLIA, à qui sera confiée toute sa gestion : choix des entreprises et des associations qui souhaiteront créer une activité sur la plage, choix des bâtiments , installations, équipements qui devront être tous sur le même modèle , gestion de l’animation et de la communication.
    • Un grand gagnant : Véolia
    Véolia acquiert ainsi un des plus beaux fleurons d’Europe ;
    Cette opération s’inscrit dans sa stratégie à long terme de conquête des plages : gestion des eaux, assainissement, gestion des déchets, etc ;
    la plage de La Baule lui servira d’image de marque ; de plus, elle réalise cette opération sans aucun apport financier mais avec une forte augmentation des redevances sur les entreprises de plage qui seront sous sa tutelle ;
    • Trois grands perdants :
    – la Ville de la Baule qui se désintéresse ainsi de l’avenir de sa principale richesse fondatrice de son identité ; apparemment elle ne comprend pas tout ce qu’elle va y perdre, à la différence de Pornichet qui a fait le choix de gérer sa plage ;
    – les entreprises de plage actuelles, fort appréciées du public, dont la plupart seront contraintes d’ arrêter leurs activités , faute de moyens pour tout détruire et tout reconstruire ;
    – et le public, très attaché à l’identité familiale de cette plage, identité qui est vouée à disparaitre ; de plus ce public devra payer au prix fort, des prestations de loisirs et de restauration auprès des nouvelles entreprises de plage dont rien ne garantit qu’elles offriront des prestations dignes de la plage de La Baule !

    – Nous demandons instamment à Madame la Commissaire –Enquêteur de prendre en compte ces observation et d’accorder un délai permettant de proposer des solutions alternatives et de consulter les parties intéressées ;
    OBSERVATIONS SUR LE PROJET DE CONCESSION DE LA PLAGE DE LA BAULE
    REMARQUES PREALABLES
    • AVANT TOUTE CHOSE, IL EST INDISPENSABLE DE RECONNAITRE L’IMPORTANCE MAJEURE DE LA QUESTION DE L’ATTRIBUTION DE LA GESTION DE LA PLAGE DE LA BAULE
    L’identité, l’image, l’attractivité et la prospérité de la ville de la Baule sont essentiellement dues à sa plage ( « la plus belle plage d’Europe » selon la communication de la ville ) ;
    La plage n’est pas seulement un site naturel exceptionnel ; elle est aussi particulièrement attractive en raison de son ambiance de ses animations et de son identité de station familiale ; elle est à la fois la plage des petits enfants et des grands parents ; l’ambiance familiale qui y règne depuis toujours est notamment le résultat de l’activité des clubs et des restaurants offrant des prestations à des prix abordables ;
    • IL EST AUSSI FONDAMENTAL QUE SOIT PRIS EN COMPTE L’AVIS DES NON RESIDENTS DANS L’ENQUETE D’UTILITE PUBLIQUE
    Les non résidents comportent notamment les vacanciers, les touristes, les propriétaires de résidences secondaires ; ils portent un intérêt majeur à la bonne gestion de la plage de la Baule qui constitue la principale justification de leur choix de lieu de vacances ou de résidence ,
    Le nombre de non résidents fréquentant la plage et utilisant ses installations ( dépassant les 100 000 par jour) est de très loin supérieur à celui des résidents permanents ; certaines familles viennent depuis plusieurs générations, plusieurs fois par an ; les services offerts par la plage de la Baule , notamment les clubs de plage et les clubs de voile sont un des facteurs majeurs de cette fréquentation et de cette fidélité ;
    Les non résidents contribuent par ailleurs largement à la prospérité économique de la ville : commerce, hôtellerie, restauration, marché immobilier, activités de loisirs, contribution fiscale au budget de la ville ;
    La moindre des choses, pour l’Etat , propriétaire de la plage et pour la Commune, , principale bénéficiaire des retombées économiques de cette plage, mais aussi pour Véolia , serait de prendre en compte le point de vue des non résidents ;
    OBSERVATIONS SUR LE FOND
    CE PROJET DE CONCESSION EST GRAVEMENT DESEQUILIBRE AU BENEFICE DE VEOLIA ET A L’ENCONTRE DE L’INTERET GENERAL, DES INTERETS DE LA COMMUNE , DES EXPLOITANTS ET DU PUBLIC
    1, les avantages pour Veolia seront considérables
    • Veolia se voit offrir la gestion complète de la plus belle plage d’Europe pour des engagements financiers quasi nuls :
    • Cela va lui servir d’argument publicitaire exceptionnel dans le cadre d’une stratégie de conquète de la gestion des plages qui concerne tous les métiers de Véolia : assainissement, gestion des déchets, nettoyage des plages, gestion des eaux de baignade, etc
    A la Baule , Véolia ira beaucoup plus loin puisqu’il s’assurera la mainmise sur la gestion des établissements de plage, leurs installations, leur communication, leurs animations, etc activités pour lesquelles il n’a d’ailleurs pas d’expérience ni de compétences ;
    La Baule servira donc d’argument publicitaire à un groupe dont l’image est liée à la gestion des eaux, à l’assainissement et aux ordures ménagères ; qui sera le gagnant et le perdant ?
    • En outre, le projet de concession met complètement sous tutelle les entreprises gérant des activités sur la plage ; elle impose un style architectural uniforme à partir de modules dont on peut facilement imaginer qu’ils seront fournis et montés par des sous traitants de Veolia, sous le contrôle d’architectes désignés par Véolia ; le mobilier sera également proposé dans un catalogue fourni par Véolia ; la communication est encadrée par une charte graphique stricte ;
    S’agissant de l’animation, Véolia recrutera un responsable évènements et relations publiques grâce aux redevances prélevées sur les entreprises de la plage ; ce responsable organisera les évènements sur la plage et assurera la promotion ;
    Quelle marge de manœuvre restera pour les clubs ? Le dossier n’en parle pas :
    2) les contreparties imposées à Véolia sont extrêmement minimes
    • Les recettes de Véolia proviendront des redevances prélevées sur les clubs et les restaurants, redevances qui seront en forte augmentation ;
    • Véolia n’apporte aucune mise de fonds ! autrement dit, il emporte la gestion de la plage de La Baule et le bénéfice de son image pour rien ! dans les affaires privées , il est extrêmement rare de trouver d’aussi piètres négociateurs !
    • les dépenses d’investissement seront étalées sur 12 ans ( notamment la restauration des sanitaires !!!° et ne s’élèveront au total qu’à 572 000 E soit moins de 50000 euros par an !
    • les redevances payées à l’Etat ne s’élèveront qu’à environ 120 000 E par an !

    3) pour la Commune de la Baule cette concession comporte de multiples et graves inconvénients :
    • certes, elle n’aura pas à s’occuper de la gestion de sa plage, joyau de la ville ;ce qui donnera moins de travail aux élus et aux agents et fera courir moins de risques de contestation des décisions de la station ;!

    • à quoi faut-il attribuer cette surprenante et consternante politique de laissez- faire ? à la fatigue des élus qui se dégageront ainsi de leurs responsabilités ? à leur vision à court terme des intérets de la station ? à la croyance que ce qui est bon pour Véolia est bon pour la Baule ?
    • mais les risques pour la station sont multiples et graves :
    – au niveau du mécontentement du public, choqué par la démission de la ville de La Baule et par la main mise sans contrepartie d’une multinationale sur un patrimoine exceptionnel ; surtout quand le public apprendra que l’enjeu financier n’est que de 50 000 euros par au niveau des investissements alors que le Budget d’investissement de la Baule s’élève à 18 millions d’euros en 2016 avec notamment, à titre d’exemple des priorités des élus, 600 000 euros pour l’aménagement paysager du cimetière !
    – au niveau de l’identité, de l’attractivité et de l’image de la station ; jusqu’à présent considérée comme une grande station familiale , elle prend le risque de perdre cette réputation ;
    – au niveau de la survie d’une trentaine de petites entreprises et d’associations qui vont devoir détruire leurs équipements, arrêter leurs activités, réinvestir si ils le peuvent, ce qui est plus que douteux ;
    a-t-on beaucoup d’exemple de commune qui se lavent les mains du sort d’une trentaine d’entreprises et des centaines d’emplois qui en résultent ?
    – au niveau de la crédibilité et de la faisabilité du projet de Véolia : que se passera-t-il si Véolia ne parvient pas à convaincre suffisamment d’ entreprises de répondre à ses appels d’offres, une fois que les installations existantes auront été détruites, L a Baule sera la risée des médias et des professionnels du tourisme !l
    – au niveau de la réputation de la Ville : quel contraste avec le ville de Pornichet qui a le courage et l’intelligence de reprendre la gestion de sa plage-en vue de sauvegarder l’activité économique et de loisirs de sa plage !

    4) un péril majeur pour les entreprises existantes qui risquent de tout perdre :

    – la perte leurs installations , fruit de plusieurs années d’investissement, qui devront être démontées et souvent détruites, à l’exemple des grands portiques qui constituent un véritable patrimoine historique de la plage ;
    – la perte de la fidélité de leur clientèle , attachée à leur identité, patiemment construite au fil des ans ;
    -la perte de la possibilité d’exercer librement leurs activités dans le cadre de la concession de Véolia : en effet, il leur faudra :
    * acquérir les installations et les équipements proposés par Véolia ( à quel prix ? il n’y a rien dans le dossier ;
    * les démonter , les stocker et les remonter chaque année probablement avec l’assistance technique d e Véolia qui facturera ses services
    * subir la tutelle de Véolia pour leur communication, leur promotion et leur animation ;
    * subir de fortes augmentations de redevances qui les obligera à augmenter leurs tarifs ; leur clientèle familiale acceptera-t-elle de payer le prix fort ?
    Quels responsables de petites entreprises ou d’associations ( notamment les clubs de plage)sont prêts à prendre le risque de tout recommencer dans ces conditions ?
    Aucune simulation concernant les comptes d’exploitation prévisionnels de ces établissements ne figure dans le dossier ;
    y-a-t-il eu un sondage pour savoir combien d’entreprises de plage existantes sont prêtes à redémarrer leurs activités dans ces nouvelles conditions ?
    quelle déperdition d’expériences, de savoir-faire, de dévouements en perspective !
    il faudra trouver de nouveaux investisseurs, de nouveaux gestionnaires et animateurs ; qui fera cette option pour subir à ce point une tutelle aussi pesante avec de telles charges ?

    5 ) un changement de l’identité de la plage qui risque de démotiver le public familial :
    Ce projet comporte un double risque : celui de la sélection par l’argent pour certains établissements commerciaux et de descente en gamme pour les autres et pour les activités de club
    – la restauration familiale de qualité à prix abordables risque de ne pas pouvoir faire face
    en raison de l’augmentation des charges et de la nécessité de créer de nouvelles installations et de nouveaux équipements, les futurs restaurateurs auront le choix entre hausser leurs prix et viser une clientèle plus sélective ou servir des fast- foods en grande quantité ;
    – Pour les clubs d’enfants, devant la nécessité du démontage et du remontage, il parait exclu de pouvoir reconstruire à l’avenir ce qui a fait l’attrait et l’identité des grands clubs baulois, notamment les grands portiques ;les clubs ne pourront disposer que d’installations légères et amovibles comme les trempolines ou de structures gonflables d’une laideur sans nom ;
    Peu à peu , la plage risque de perdre ce qui a fait son attrait depuis des générations : son caractère familial qui fidélisait les familles et les enfants chaque été mais aussi pendant les vacances scolaires et même les week ends !

    OBSERVATIONS SUR LA PROCEDURE
    • L’importance du projet nécessiterait un processus de concertation et de consultation beaucoup plus étoffé : Or,
    – Entre le dépôt des propositions de Véolia et la date de clôture des observations, les délais sont extrêmement courts ;
    – Les parties les plus concernées , c’est-à-dire les entreprises de la plage et les non résidents , n’ont apparemment pas été consultés par Véolia, par la Mairie et la Préfecture ;
    – Les éléments d’appréciation n’ont pas été fournis au grand public ;
    – Les médias n’ont pas fait leur métier d’information s’agissant pourtant d’un projet majeur pour l’avenir de LA BAULE .

    • Une seule solution est proposée à l’appréciation du public, celle de la concession à Véolia, ; aucune autre hypothèse n’a été débattue publiquement,
    Or :
    – L’exemple de Pornichet montre que d’autres solutions sont envisageables ;
    – Le dossier de Veolia aurait pu lui-même proposer plusieurs alternatives : était-il nécessaire d’imposer une telle uniformité architecturale et d’imposer une tutelle aussi rigide aux entreprises de plage
    – Une autorité indépendante aurait du être mandatée pour évaluer et proposer différentes solutions ; ses conclusions auraient dû être débattues avec les résidents , les non résidents et les entreprises de plage avant d’être soumises à la délibération du Conseil Municipal ;
    – Il serait indispensable que le Commissaire Enquêteur conclut à la nécessité d’un délai supplémentaire, et recommande l’étude de solutions alternatives aussi bien à Veolia qu’à la Commune de la Baule ;
    LES AMIS DE LA BAULE

  4. Nous demandons à nos élus de savoir prendre des décisions et non de se débarrasser de sujets délicats
    Oui, bien sûr reprendre la concession de la plage c’est un sujet délicat et lourd mais c’est à la mairie de prendre le sujet via une SEM qui peut par la suite sous traiter le dossier. Les administrés via la mairie doivent pouvoir contrôler la concession qui durera 12 ans.
    VEOLIA ne connaît pas le dossier comme le montre le déplacement du club des Korrigans qui a une activité voile en face de l’avenue du jardin public. Il y a un banc de sable
    De plus être séparé de plus de 100 mètre du parc à bateaux est une aberration. Idem l’activité voile près du port.
    Ce ne sont que quelques exemples.
    Je trouve également étonnant que le maire qui parle d’amis se débarrasse du sujet.
    Nous souhaitons avoir des élus responsables et non des notables locaux.

  5. Parfaitement d’accord avec « Tuloup ». Je renvoie également à mes deux mémoires soumis au Commissaire-enquêteur.
    Les « explications » du Maire sont loin d’être convaincantes. En somme, la municipalité délègue la gestion de la plage à un opérateur privé parce que le dossier est trop compliqué et soit-disant juridiquement impossible à gérer. C’est un abandon flagrant de responsabilités. Ponce Pilate n’aurait pas dit mieux.
    Le dossier a été traité en catimini, sans consultation préalable de la très grande majorité des résidents, qui se trouvent placés devant un fait accompli.
    Le dossier doit maintenant se déplacer:
    1) sur le front juridique, en fonction de la décision du Préfet: les possibilités de recours devant le Tribunal administratif, avec effet suspensif, doivent être envisagées dès maintenant;
    2) politique: les résidents souhaitent-ils maintenir en place un Conseil municipal qui se désintéresse à ce point d’un aspect essentiel de ce qui fait le caractère unique de La Baule.
    En outre, s’agissant d’un projet qui engage la ville pour une période initiale de 12 ans, sans doute plus, et peut-être de manière irréversible, sans garanties de la part d’un opérateur privé qui va chercher à maximiser ses profits, une consultation publique (référendum) devrait se tenir sur le principe même de la délégation à un opérateur privé, avant même d’envisager les modalités et conditions de cette délégation.
    Il faut espérer que le Maire sera présent lors de la réunion « d’échange et d’information » du 2 août.

    • déception mais pas surprise le maire n’était pas présent Il sera peut être présent le lundi 8 au palais des congres pour parler de l’aménagement du remblai ……

  6. Que penser d un maire qui ne vient pas à la réunion publique concernant la concession de la plage ?

  7. Je suis consternee. Ma famille et moi même allons à la baule depuis 3 générations. Nous avons vu les transformations au fil des années. Mais quant sera t il de cette belle plage. Veolia nous fera t elle payer un jour l accès à cette plage. On peut se poser la question . Car vraiment c est encore une question de gros sous !!!!! . Adieu notre identité bauloise que nous revendiquons haut et fort. Quand les touristes seront partis la Baule aura tout gagnée et pour faire machine arrière il sera trop tard….. Dommage je ne serai sans doute pas là pour le voir mais mes enfants eux seront bien présents.

  8. Une des plus belles plages de Bretagne bradée
    je conseille à tous les amoureux de La Baule d’aller voir sur internet : »les plages en Italie » et voir ce qui est advenu de RIMINI ….édifiant
    Les restaurants sur la plage sont une concurrence pour les restaurant dans la ville et les commerces . Une spoliation de l’espace publique pour une durée de 12 ans …..odeur de graillon sur le remblai, des établissement qui s’étendent de plus en plus sur notre espace publique .A quand sur ces zones franchisées, des accès payants pour passer la journée sur le sable ? Ils réclament de ne pas démonter leurs structures l’hiver ! un comble ! si cette autorisation est donnée ces restaurant seront construits en  » dur »
    Les clubs ,utiles pour occuper les enfants, ne pourront plus acheter leurs concessions dont le prix va exploser ils vont être sacrifiés aux profit d’intérêts plus juteux .
    N’est-il pas déjà trop tard ????

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